Les universités américaines Columbia et Standford (Columbia Journalism School et la School of Engineering de Stanford), conscientes des enjeux futurs de la profession de journaliste, ont ouvert une section d'études révolutionnaire qui enseignera à la fois la pratique du journalisme et des nouvelles technologies.

 

Cela sera possible grâce à un don exceptionnel de 30 millions de dollars de Helen Gurley Brown, la rédactrice en chef de Cosmopolitan. Ce nouvel institut, appelé the David and Helen Gurley Brown Institute for Media Innovation, est le premier du genre. A la fois porté sur le journalisme et la technologie, il vise à réduire le fossé entre les deux disciplines.

 

Consciente des interrogations concernant l'avenir de la profession de journaliste, cette formation vise à proposer une alternative aux nouvelles pratiques de l'information (réseaux sociaux et autre nouveaux médias) et aux blogueurs de plus en plus consultés sur la toile. Autre volonté de la part des créateurs de l'Institut, permettre une interconnexion Est/Ouest et faire en sorte que les deux grandes écoles travaillent ensemble. Comme l'annonce le communiqué:

 

 « La collaboration Est-Ouest des deux écoles permettra aux élèves des deux institutions de s'appuyer sur leurs idées avec les professeurs et les innovateurs dans les deux universités. Aux deux endroits, il y aura un fort accent sur la mise en place de nouvelles idées ainsi que des démonstrations de produits et de prototypes. L'Institut servira de lien entre les chefs d'entreprise et les sociétés de médias pour mettre leurs innovations sur le marché ».

 

 Mais les deux écoles, très réputées, n'ont pas seulement vocation à apprendre aux futurs journalistes à se servir de Twitter. Elles seront un moyen de construire de nouvelles voies de réflexions sur l'avenir de la profession. Les acteurs de l'Institut seront à la fois professeurs, entreprises et viendront à la fois du monde des médias, des technologies et des affaires.

 

L'Institut pour les médias de l'innovation aura un conseil d'administration qui comprendra Frank Bennack, Jr., PDG de Hearst Corporation, Eve Burton, vice-président de Hearst Corporation, et le général Bill Campbell, président du conseil à Intuit et membre du conseil à Apple Inc.

 

La recherche sera constante et évolutive: les étudiants apporteront leur contribution, et on attend d'eux qu'ils soient bâtisseurs de la formation et de la profession au même titre que les créateurs de ces écoles.

 

 L'école de Columbia a vu sortir de ses rangs un certain nombre de grands journalistes. Elle était jusqu'alors en retard quand à l'enseignement des technologies numérique et des médias sociaux. Mais elle est désormais consciente que l'avenir du journalisme se trouve dans les nouvelles technologies et dans l'innovation. Quand à Standford, fortement implantée dans la Silicon Valley, on compte parmi ses anciens diplômés les créateurs de Google, HP, Cisco, Yahoo! …

 

 De quoi tourner définitivement la page des écoles « à l'ancienne » aux États-Unis. Si le journalisme n'est pas mort, la profession doit se renouveler, être à la hauteur de ce qui attend la pratique médiatique dans un futur proche. Une page qui se tourne dans l'histoire du journalisme traditionnel et de la bonne vieille machine à écrire? Certainement. Mais pas un adieu à la profession. Au contraire, elle renaît avec d'autre méthodes, outils, et se doit d'être sans cesse repensée. Il est logique que cela passe d'abord par les bancs de l'école.

 

L'Institut sera construit à partir de juin 2014, mais commencera à accepter les boursiers et les candidats à l'examen d'ici l'été 2012.

 

 

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Sources: "We grow Media" & Mashable

Fred Wilson, investisseur dans les sociétés de médias, explique dans une conférence à l'école de Columbia comment il se sert de Twitter pour la communauté.