Les médias sont, depuis les années 70, un secteur majeur de l'économie américaine. Chaînes de télévision, radios, journaux et magazine sont nombreux, variés et touchent chaque catégorie de la population. Politique, culture, presse jeunesse, masculine, féminine, actualité générale et sociétale, le premier pays à proclamer la liberté d'expression dans sa constitution voit sa richesse médiatique augmenter à une vitesse démesurée. Aujourd'hui, le « quatrième pouvoir » que représentent les médias et la communication de masse s'enrichit, se modernise, se crée de jour en jour. Phénomènes fortement amplifiés par l'apparition depuis les années 2000 de blogs, sites web d'information (« Pure Players ») et, dernièrement, de Rich Medias. Ces « médias enrichis » sont de plus en plus nombreux à voir le jour; il s'agit d'un contenu comprenant divers supports: écrit, audio, vidéo, images, animations en flash. Internet et les nouveaux modes de communication (smartphones, tablettes) ont permis le développement de nouvelles formes de journalisme, abolissant les frontières entre les genres, redessinant le paysage médiatique et lui donnant un autre sens. L'information n'est plus un message unilatéral s'adressant à un public flou et anonyme. Le lecteur, l'internaute, le téléspectateur, choisit de s'informer en fonction de son âge, de sa situation, de ses intérêts. Internet est, de plus, un outil qui permet une grande forme d'interactivité. L'information devient ludique: on sélectionne son information, on va à sa rencontre par les biais de moteurs de recherche, et on y participe, voire l'enrichit par le principe des commentaires.

 

Enfin, cette nouvelle presse interactive et enrichie permet aussi aux métiers du journalisme et de la communication de se compléter. Un même média se créera à la fois avec des rédacteurs, que des graphistes, des web-masters et des photographes.

 

Les cas qui nous intéressent, la presse féminine et particulièrement la presse spécialisée dans la mode répondent parfaitement au critères des nouveaux médias. En effet, ce type de presse est très porté sur le visuel et l'esthétique: défilés, recettes en vidéo, shopping en ligne ou encore tests de coiffures agrémentent ces sites à côtés d'articles rédigés sur divers sujets pilotes de la presse féminine: culture, mode, people. Ces titres de presse féminine, tout comme en France, sont nombreux aux US. En voici quelques uns: www.allure.com, www.us.glamour.com, www.vanityfair.com, www.vogue.com, www.cosmopolitan.com

L'exemple de l'incontournable magazine de mode Vogue peut appuyer nos propos. Petit rappel historique: fondé à New-York en 1852 par Arthur Baldwin Turnure, il est l'un des principaux magazines féminins dans le monde et est présent dans dix-neuf pays. Il est édité par Condé Nash Publications et est implanté à New-York. Il s'adresse à un public de femmes CSP+ et conserve, depuis des années, une image de luxe. Il est la référence médiatique en matière de mode. En 2005 naît le magazine Men's Vogue, destiné à un lectorat masculin.

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Le site web de Vogue est sobre, coloré, clair et complet. Il propose des interactivités multiples: navigation parmi des photographies, extraits de défilés, votes en ligne...et une web tv baptisée Vogue TV: on peut y regarder des reportages sur des mannequins, des shootings, des interviews...une offre variée donc, contenant de nombreux supports. En plus de cela, on trouve une large contribution de marques, de créateurs, de rédacteurs spécialisés, de graphistes et de photographes. Une production bien plus large que la version papier. Et un aperçu bien représentatif de ce que peuvent donner les Rich Medias dans la presse spécialisée.

 

Si la presse papier, en particulier la presse quotidienne d'actualité générale, se trouve à l'heure actuelle en difficulté aux États-Unis, il ne fait aucun doute que la presse spécialisée a déjà trouvé une continuité dans les nouveaux médias. Une façon de se renouveler, un chemin que commencent à prendre les quotidiens. Le New York Times s'est séparé, il y a un mois, de seize journaux locaux pour se centrer sur des versions numériques.